À L. S.
 
Journal d’un été qui aurait pu être celui de l’été deux-mille-neuf, mais qui ne le sera pas, car il n’a jamais été question de tenir un journal et que nous aurions voulu que jamais l’été commencé ne s’achève, lorsqu’au seuil de la vieillesse le froid s’installe et que le corps, ce corps, multiplie les filtres qui nous séparent de la vie. Ne reste que la boulimie du désir de créer, avec de moins en moins les moyens de passer à l’acte, mais peut-être un plus grand savoir-faire dans le geste qui lance l’âme vers son but, ce pacte qui lie ce qu’encore nous sommes à ce que nous devenons dans notre porosité accrue au monde.
En écoutant le Quarteto Cedron, tango argentin de Paris.
Fin juillet 2009, donc. Il fait un temps dégueulasse à Glanrafon. Tout le mois entre treize et dix-sept degrés, et ce sera sans doute autant le cas en août. Je finis de corriger les actes du colloque « Notre Animal intérieur ». Andy McPherson m’aide à construire un kiln, un four à poterie qui s’appellera Y Ddraig bach, le petit Dragon (celui qui dort encore sous la terre de mon jardin et que je saurai réveiller un jour ou l’autre). Luigi reste avec moi. Accompagné de Mi, nous montons en petit train à crémaillère au sommet du Snowdon, le Seigneur des neiges, Yr Wyddfa en gallois, la sépulture du géant Rhyta Fawr qui s’était fait un manteau avec les barbes des rois qu’il avait tué en combat singulier. Bon dieu ! Il faut que je fasse attention à la mienne. Mais je ne suis roi d’aucun royaume et le géant ne m’apercevra même pas, minuscule parmi les autres fourmis au pied de la grande falaise de l’arc glacière.
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Chroniques..., 5
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Un court voyage
Bruno Sibona
Au courant de Tamise
Bruno Sibona
London Bridge : le Pont de Londres, tout près de la première chaussée construite par les romains du temps où le fleuve était beaucoup plus large et moins profond, à l’emplacement de l’emporium fondé par les indigènes, un rassemblement de longues huttes qu’ils appelaient Lundn et qu’ils approchaient en canoës. Longtemps, le fortin en barrant l’entrée s’est orné de têtes coupées de rebelles, une tradition qui s’est perpétuée jusqu’au jour où il y récupéra la sienne pour la donner au dragon vert, celui qui sommeille dans la glaise sous les piles. Green Dragon Court, Southwark Cathedral : le figuier stérile (dont les fruits ne mûrissent pas parce que trop au nord), au pied de la cathédrale médiévale. The Holy Family : la Sainte Famille à laquelle nous aimerions tous croire mais qui n’est qu’un mythe qui s’effondre à chacun de nos pas vers l’autre sexe, ou plutôt vers le sexe de l’autre.
(...) Chroniques..., 4
Iraj ValipourValipour.htmlshapeimage_5_link_0
Carnet d’un parlementaireCarnet%20d%27un%20parlementaire.htmlshapeimage_6_link_0
Catherine Maria ChapelChapel.htmlshapeimage_7_link_0
L’ordinuscrit
L’écriture-webOrdinuscrit.htmlOrdinuscrit.htmlshapeimage_8_link_0shapeimage_8_link_1
Entretien GraspenRist%20van%20Graspen.htmlshapeimage_9_link_0
Entretien Pierre-Marc de Biasi0758C7DC-7C7B-41EF-95B2-DECD63DCD068.htmlshapeimage_10_link_0
Jean-Claude EmionEmion.htmlshapeimage_11_link_0
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Entretien Helene SchmitzHelene%20Schmitz.htmlshapeimage_13_link_0
Philippe JaffeuxJaffeux.htmlshapeimage_14_link_0
Japon, vue d’insecte
Bruno Sibona
 Sous la Restauration, Chateaubriand, nommé Ambassadeur de France en Grande Bretagne, retourne à Londres une trentaine d’années après y avoir vécu pauvre jeune aristocrate exilé fuyant les atrocités de la Révolution. Il tient à aller revoir le garni sous les toits de Soho où lui et un autre jeune fuyard sans ressources avait failli mourir de faim. Il se souvient du jour où il avait sauvé in extremis son ami qui venait de se trancher les veines pour hâter une mort qui leur paraissait inexorable, puis il se lance dans une méditation toute romantique sur le passage du temps et les insaisissables revirements du destin.
Me voici de retour à Tôkyô vingt-six ans après y avoir passé plusieurs mois pour y pratiquer ce que l’on appelait alors « le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc ».
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Chroniques..., 6